Archives pour la catégorie Histoire

Une plaque en mémoire de Catherine de Bar

 

Le religieuses prient dans la chapelle
Photographies de Marc Fourniquet

Une plaque a été installée dans le chœur de la chapelle Saint-Roch, lieu que fréquentait régulièrement il y a près de quatre siècles la déodatienne Catherine de Bar.

Née à Saint-Dié en 1614, elle a fondé à Paris en 1651 la congrégation des Bénédictines de l’Adoration perpétuelle du très Saint-Sacrement qui compte plusieurs monastères dans le monde.

Des religieuses de Rosheim étaient d’ailleurs présentes lors de la cérémonie organisée le 14 octobre dernier à la chapelle Saint Roch. Elles étaient accompagnées de Sœur Marie-Véronique du monastère de Rouen à qui est revenu l’honneur de dévoiler la plaque.

 

Photo de la plaque

Cette plaque indique :  » La très Sainte Vierge notre Mère a pour nous des tendresses insoupçonnables. Abandonnons nous à l’ombre de sa protection. Catherine Mectilde de Bar (1614-1698). Fondatrice des Bénédictines de l’Adoration perpétuelle du très Saint-Sacrement, venue quotidiennement, enfant, prier dans cette chapelle. »

Après la cérémonie les participants se sont retrouvés autour du verre de l’amitié.

Photo des participants

Pour en savoir plus sur Catherine de Bar :

Catherine de Bar, une familière de la chapelle

Pour voir davantage de photographies sur la cérémonie, cliquez  sur le lien suivant : Catherine de Bar – Chapelle Saint Roch – 17 octobre 2017. Merci à Marc Fourniquet qui nous a fourni ses clichés.

Santé et charité à la fin du Moyen Âge. Conférence de Damien Parmentier sous le regard de saint Roch

Photo de Damien Parmentier

Dimanche 9 avril, comme à son habitude, Damien Parmentier a tenu son public en haleine lors de sa conférence sur « Santé et charité à la fin du Moyen Âge. Hôpital et léproseries dans le Val de Saint-Dié aux XIVème et XVème  siècles« .

Les documents sur cette période sont relativement pauvres au niveau local, en particulier sur le plan iconographique, mais l’historien a pu partager avec ses auditeurs les connaissances acquises dans les archives du Vatican auxquelles il a pu accéder. Il a également rappelé l’importance du Chapitre de Saint-Dié qui dépendait directement de Rome, et n’était rattaché à aucun diocèse.

Les établissements hospitaliers du moyen âge n’avaient pas la fonction qu’ils ont actuellement. Etablissements destinés à offrir l’hospitalité au sens premier du terme, ils répondaient aux exigences de la charité chrétienne. Et l’hôpital, géré par les religieux, était là pour accueillir et soulager son prochain. Un prochain qui était tout aussi bien l’habitant du territoire, malade ou indigent, que le voyageur de passage que l’on accueillait avec ses animaux de bât, ânes ou chevaux.

La voie de passage principale de la ville étant à l’époque constituée par les rues de la Bolle et d’Alsace, c’est tout naturellement sur cet axe que s’établit dès le XIIIème siècle le premier hôpital déodatien. Situé sur la place du Vieux Marché, l’actuelle place Saint-Martin, il est également hors les murs de la ville, qui est alors entourée de remparts. Cette localisation avait, entre autres, un intérêt sanitaire permettant d’éviter la propagation des épidémies à l’intérieur de la ville. Ultérieurement cet établissement sera doté d’une chapelle qui deviendra le lieu de culte du quartier, puis sera remplacée par l’église Saint-Martin.

Les archives montrent qu’en 1291, le Chapitre de Saint-Dié a un compte spécial pour les indigents pris en charge par l’hôpital et qu’un des chanoines, et non des moindres, a la charge de le gérer avec un budget de 200 florins d’or. A titre indicatif, à cette époque, un bœuf vaut un dixième de florin. Au milieu du XIVème siècle, l’établissement a également un chanoine médecin, alors que ce métier était surtout exercé par des médecins juifs.

 

image de Saint Martin embrassant un lépreux
Saint Martin embrassant un lépreux

Ce n’est qu’en 1725 que le chapitre fera construire, pour une somme de 20 000 livres, un nouvel hôpital. Il occupera le même emplacement jusqu’en 1944, là où se trouve maintenant le lycée Jules Ferry, avant d’être reconstruit dans les années 1950 sur les hauteurs de la ville, avec une mise en service en 1960.

A côté de l’hôpital, sont construites des léproseries. La plus importante était située à La Chenal (route d’Herbaville, sur la droite, au delà du Taintroué), avec une chapelle dédiée à Saint Urbain. Elle avait son propre cimetière, ce qui n’était pas le cas de l’hôpital. Une autre léproserie sera construite rue d’Alsace, vers Sainte Marguerite. Enfin, si la chapelle Saint-Roch est connue pour ses pestiférés, elle a également reçu des lépreux.

La carte de Cassini de Saint-Dié
Carte Cassini avec les emplacements de l’hôpital et des léproseries.

Les lépreux reconnaissables à leur cotte plissée, n’étaient pas initialement des exclus et ils conservaient des droits. Ceux de La Chenal pouvaient également travailler dans les forêts de l’actuel massif de la Madeleine un massif qui leur doit son nom : Marie-Madeleine, disciple du Christ est en effet la patronne des lépreux.

 

Après le retour des croisades, l’attitude va changer vis-à-vis des lépreux, et l’on passe à une politique d’exclusion plutôt que de soins. Le diagnostic de lèpre est posé sur des critères pas forcément rigoureux, englobant d’autres maladies comme le psoriasis. Et la personne reconnue lépreuse « subit » une cérémonie « d’enterrement de vivant » à la suite de laquelle elle est conduite vers son lieu d’hébergement, avec interdiction de s’approcher trop près des gens, de toucher les produits, de circuler dans des rues ou chemins étroits, obligation de se déplacer avec une crécelle… Mais, il y aussi a des abus, et l’on place des délinquants dans les léproseries. Cela ne peut que retentir sur les conditions de vie dans ces établissements, où il se passe des choses pas très « catholiques ».

Lépreux agitant sa crécelle
Lépreux agitant sa crécelle. Barthélémy l’Anglais, Livre des propriétés des choses, France, fin du XVe siècle. Paris BnF.

 

Venez découvrir l’histoire de la soupe et partager un bol avec les amis de la chapelle Saint-Roch

Illustration de Bernard Claudon
Illustration de Bernard Claudon (Le Pain d’autrefois)

Ce dimanche 9 octobre à 17 h 30, Claude Thouvenot évoquera l’histoire de la soupe et nous parlera des Soupes de nécessité, potages de plaisir, bouillons de santé.

Parmi ces plats, il nous parlera de recettes bien spéciales comme le bouillon de vipère et la soupe à la grimace.

Seront aussi évoqués les fêtes et festivals de la soupe organisés de nos jours en France, en Europe ou au Québec, à l’exemple des manifestions récentes de nos voisins de Fraize ou Bruyères.

Après la conférence, l’Association des Amis de la Chapelle proposera une dégustation d’une dizaine de soupes d’ici et d’ailleurs.

Affiches fêtes de la soupe
Fêtes de la soupe à Bruyères et Fraize

Mange ta soupe et tais-toi. Histoire de la soupe avec Claude Thouvenot, dimanche 9 octobre

Photo de Claude Thouvenot

Claude Thouvenot est l’auteur d’une thèse de Géographie sur Les habitudes alimentaires du nord-est de la France. Ce fidèle des Amis de la Chapelle revient le dimanche 9 octobre à 17 heures 30 pour nous parler de La soupe dans l’histoire. Soupes de nécessité, potages de plaisir, bouillons de santé.

Sa causerie nous conduira à la découverte de ces plats souvent à la base de l’alimentation depuis des temps très anciens jusqu’à nos jours.

Il nous parlera également de recettes bien particulières comme le bouillon de vipère et, un peu d’humour ne nuisant pas à l’appétit, de la soupe à la grimace.

Il évoquera aussi les Festivals de la soupe organisés de nos jours en France, chez nos voisins européens et au Québec.

A l’issue de la conférence, l’Association des Amis de la Chapelle proposera une dégustation à la découverte de soupes d’ici et d’ailleurs.

Visite de la DRAC à la chapelle

Photo de la visite de la DRAC

Une équipe de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) d’Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, site de Metz, s’est rendue récemment à la chapelle.

A cette occasion, les représentants de la DRAC ont été reçus par trois membres de l’association (Jean-François Riotte et Marie-Claude et Jean-Louis Bourdon) accompagnés de Claude Kiener, adjointe à la culture. Le père Philippe Baldacini était retenu pas d’autres obligations à Épinal.

Ils ont pu constater de visu l’état de l’édifice après les travaux récemment réalisés à l’initiative de l’association : pose des vitraux par l’atelier de Claire Henry en 2013 et réfection des badigeons intérieurs par l’entreprise Piantanida en 2015.

Ils se sont également intéressés aux objets situés dans l’édifice et classés à l’inventaire des Monuments Historiques : le tableau de la Dormition de la Vierge datant du 17ème siècle, d’un auteur inconnu, et le retable peint par Claude Bassot en 1625).

Dans le dossier de la DRAC sur la chapelle, deux éléments ont retenu notre attention : une photo en noir et blanc de la Dormition, datant des années 1980 et où l’on voit l’état du tableau avant sa restauration, et l’ordre de service concernant la restauration du retable en date du 14 avril 1989, les travaux ayant été réalisés par Aubert GERARD de Vesoul.

Photo de la Dormition avant sa restauration.
La Dormition dans les années 1980 avant sa restauration. Cliché de la DRAC de Lorraine
Reproduction de l'ordre de restauration du retable en 1989
Document de la DRAC ordonnant la restauration du retable en 1989

La visite guidée du 12 août

Photo de la visite du 12 août 2016
La visite dans les jardins

Une douzaine de personnes étaient présentes pour suivre les commentaires du guide de l’association tant dans la chapelle que dans les jardins.

Parmi les visiteurs, on notait plusieurs anciens du quartier. L’un d’eux revenait sur les lieux après quarante ans d’absence. Il a pu apprécier les changements intervenus suite aux travaux entrepris dans la chapelle et dans son environnement, en particulier depuis l’année 2000.

André Grandjean qui a longtemps habité rue de l’Orme, nous a aussi apporté des clichés anciens dont certains étaient inconnus de l’association. Nous reviendrons sur ces clichés dans de prochains articles. Celui ci-dessous permet de voir les vitraux il y a une centaine d’années. On distingue également à l’arrière plan la grange en bois aujourd’hui disparue.

Photo de la chapelle il y a 100 ans
Photo de la chapelle en 1920, fournie par André Grandjean

Mardi 16 août à 10 heures, la chapelle accueillera les fidèles pour la messe annuelle de la Saint-Roch, célébrée par la Père Philippe Baldacini.

Article de Corinne Weiss - Vosges Matin du 14 août 2016.
Article de Corinne Weiss – Vosges Matin du 14 août 2016.

Catherine de Bar, une familière de la chapelle

Portrait de Catherine de Bar
Catherine de Bar

Fille de Jean de Bar et Marguerite Guillon, Catherine de Bar est née à Saint-Dié le 31 décembre 1614, dans une rue correspondant à l’actuelle rue Thiers. Elle est la troisième de six enfants. Catherine était atteinte d’une maladie des yeux et sa mère invoqua avec succès sainte Odile.

Elle fréquente assidûment la cathédrale, alors église des chanoines de Saint-Dié, ainsi que la chapelle Saint-Roch, à l’époque encore dédiée à Notre Dame d’Ortimont (lire en fin d’article).

Catherine de Bar entre au monastère des Annonciades de Bruyères, où elle émet des vœux en 1633. Sous le nom de sœur Saint Jean l’Évangéliste, elle devient la sous-prieure du couvent à 19 ans , puis la prieure à 20 ans .

En raison de la guerre de Trente ans, débutée en 1618, Catherine de Bar connaîtra alors des pérégrinations à travers la Lorraine à Badonviller puis à Commercy, où une partie de la communauté est victime de la peste, avant de revenir à Saint-Dié. En 1939, elle revêt l’habit des Bénédictines de Rambervillers, où elle est entrée comme novice, et fait profession en 1640. Elle est chassée à nouveau par la guerre, et va à Saint-Mihel puis à Paris.

Devenue Mère Mectilde du Très-Saint-Sacrement, du nom d’une mystique allemande du XIIIe siècle, elle fonde à Paris en 1651 l’ordre des Bénédictines de l’Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement; initialement institut, il devient congrégation en 1676. Catherine de Bar meurt à Paris le 6 avril 1698. Entre temps, elle a fondé plusieurs couvents en France (à Toul, Rouen, Dreux… mais pas à Saint-Dié, en raison de l’opposition des chanoines) et à Varsovie.

L’ordre fondé par la déodatienne existe toujours avec des monastères en France (en particulier à Rouen et, plus près de nous, à Rosheim, fondé en 1862), mais également en Italie, en Pologne et en Ouganda. Des religieuses de ces monastères sont venues à plusieurs reprises à la chapelle sur les traces de leur mère fondatrice, et en particulier en 2014, année du jubilé de Catherine de Bar, à l’occasion de l’inauguration des nouveaux vitraux le 12 mars .

Photo des Bénédictines dans la chapelle Saint-Roch le 12 mars 2016
Chapelle Saint-Roch, le 12 mars 2014.

Le lien entre cette religieuse et la chapelle nous est donné par Mgr M. Hervin dans sa biographe intitulée « Vie de Mère Mectilde du Saint Sacrement de Bar ». Il écrit ainsi : « A peu de distance de Saint-Dié, était bâti sur le penchant d’une colline, un modeste sanctuaire dédié à Notre Dame d’Ortimont. Catherine à qui l’on permettait d’aller seule à la messe chez les Capucins, partait un moment avant l’heure, courrait au sanctuaire vénéré, saluait Notre Dame, et se faisant sa petite servante, elle balayait sa modeste demeure, ornait son autel de quelques fleurs, lui adressait de nouveau ses vœux et revenait ensuite en toute hâte, afin de ne pas se laisser découvrir. »

Photos des bénédictines dans les jardins de la chapelle le 12 mars 2014.
Les bénédictines dans les jardins de la chapelle le 12 mars 2014.

Une place de Saint-Dié porte le nom de Catherine de Bar. Elle est située entre la rue d’Alsace et la rue de la Prairie, près de la Maison du XXIème  siècle.

La chapelle. Descriptif du bâtiment.

Nous débutons ce jour la publication d’une série de fiches sur l’histoire de la chapelle, de son patrimoine et des personnes qui sont liées à cet édifice religieux.

Description de la chapelle.

La chapelle et l'ancienne ferme
La chapelle et l’ancienne ferme

Elle a été construite vers 1500 pour Vautrin Lud (1448-1527), chanoine de Saint-Dié et maître général des mines de Lorraine, à côté de la ferme avec jardins et vignes qu’il possédait sur une terrasse de la colline d’Urtimont (devenue depuis Ortimont).

Initialement, la chapelle était séparée de la ferme, dans laquelle elle est maintenant enclavée.

Elle se compose d’une nef rectangulaire avec une fenêtre et d’un chœur hexagonal avec quatre fenêtres, dont l’une a été murée lors de l’installation du retable de Claude Bassot. Ces fenêtres étaient équipées de vitraux du 16ème siècle aujourd’hui disparus. Le bâtiment était renforcé de huit contreforts.

On pénètre dans la chapelle par une porte à linteau en anse de panier située vers le fond, sur le mur ouest. Le mur de fond, situé en dessous de la cloche, supporte une petit bénitier de facture rustique. Un petite ouverture est percée en son centre. Lors des travaux de rénovation de 2015, il a été mis en évidence, au centre de ce mur, une porte murée que l’on devine partiellement sous le badigeon.

La nef est voûtée en croisée d’ogives qui retombent à l’ouest sur des consoles d’angle et à l’est sur des pilastres. La clés de voûte est armoriée avec le blason du chapitre « d’or à bande d’azur chargée de 3 roses de gueules ».

La nef et le chœur sont séparés deux pilastres soutenant un arc doubleau en plein cintre.

Dans le mur droit du chœur, on note un lavabo liturgique. Sur la gauche, se trouve une ancienne ouverture dont l’encadrement inférieur a été modifié et qui est devenu un placard. A sa droite, il a été mis en évidence lors des travaux de 2015 une petite fenêtre murée. Sous le vitrail de gauche, on remarque l’oculus d’une ancienne armoire eucharistique.

La clé de voûte du chœur est également armoriée avec « trois  écussons de gueules deux et un, accompagnés d’une rose en cœur » (probables armes de Vautrin Lud). Lors des travaux de 2015, à proximité de ce blason, il a été mis à jour un petit passage (avec un caisson en bois de quelques centimètres) vraisemblablement réalisé pour y faire passer une corde. Cet éléments est masqué par les badigeons.

La chapelle est surmontée d’un campanile équipé d’une cloche réalisée par la fonderie Beurnel-Perrin de Nancy.

Retrouvez cette description,  illustrée de photos, sur le lien suivant : Histoire de la Chapelle – La Chapelle.